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Instagram : Pourquoi je quitte pour le Fediverse

Voici une serie de poste que je fait pour instagram avent de partir.Voici une série de postes que j'ai publiés sur Instagram avant de partir.

Phase 1 : Pourquoi je pars ?

Mon histoire avec Instagram

J'ai commencĂ© Ă  utiliser Instagram par curiositĂ©, et c'est vrai que si au dĂ©but, c'Ă©tait trĂšs orientĂ© mobile, j'ai rapidement vu l'intĂ©rĂȘt de montrer mes photos ici. C'est un rĂ©seau social simple, spontanĂ© et plutĂŽt enthousiasmant. J'y ai dĂ©couvert de nombreux artistes gĂ©niaux et j'ai beaucoup expĂ©rimentĂ© pour comprendre ce qui marchait et ce qui ne marchait pas.

Finalement, j'ai vu Meta changer les rÚgles petit à petit, avec plus d'algorithmes, de publicités, de vidéos, etc. J'ai eu la sensation que ce réseau devait devenir rentable, rendre addict et client, et que les publications qui fonctionnaient bien étaient celles qui permettaient à Meta d'atteindre cet objectif de rentabilité.

Petit Ă  petit, les humains n'ont plus Ă©tĂ© au centre et flatter l'algorithme et recevoir sa dose de dopamine a pris beaucoup trop de place. La frustration de voir qu'un travail artistique important pouvait ĂȘtre totalement invisible s'il ne correspondait pas Ă  ces critĂšres. Le sentiment d'ĂȘtre modelĂ© pour servire un modĂšle Ă©conomique et social.

Bref, tout cela m'a dégoûté.

Les problĂšmes de Meta

MĂȘme si Meta n’a pas toujours bonne rĂ©putation, j’ai l’impression que beaucoup n’ont pas encore saisi l’ampleur des enjeux.

En 2016, le scandale Cambridge Analytica a rĂ©vĂ©lĂ© comment un profilage psychologique de masse, basĂ© sur les donnĂ©es de nos comptes Instagram et Facebook, avait permis d’influencer des Ă©vĂ©nements majeurs comme le Brexit ou l’élection de Donald Trump. Ces millions de likes anodins se sont transformĂ©s en une arme politique redoutable.

Aujourd’hui, Instagram est un terrain essentiel dans l’arsenal des IA. Nous nourrissons un outil loin d’ĂȘtre neutre, entre les mains d’une entreprise aux multiples scandales, qui façonne nos opinions, nos comportements, et mĂȘme nos divisions sociales. En 2024, de nouvelles enquĂȘtes confirment que Meta continue de prioriser l’engagement plutĂŽt que l’éthique, malgrĂ© ses promesses de transparence.

Ces plateformes ne sont pas des miroirs, mais des machines Ă  façonner la rĂ©alitĂ©. Et nous en sommes Ă  la fois les victimes et les complices. Finalement, j’ai moi aussi Ă©tĂ© pris dans ce systĂšme, j’y ai participĂ© et je l’ai nourri.

J’aime pas trop cette idĂ©e
 Et vous, ça vous fait quoi ?

Resources :

L’impact sur l’art et la crĂ©ation

Instagram a changĂ© la donne pour les artistes. Au dĂ©but, c’était une vitrine, un lieu d’échange et de dĂ©couverte. Mais aujourd’hui, l’art doit plaire Ă  l’algorithme avant de plaire aux humains.

J’ai vu des Ɠuvres profondes, travaillĂ©es, disparaĂźtre dans le flux parce qu’elles ne gĂ©nĂ©raient pas assez d’engagement. À l’inverse, des contenus vident, formatĂ©s, optimisĂ©s pour les likes, sont mis en avant. On nous demande de crĂ©er pour l’attention, pour placer des annonceurs pour retenir l'attention. Je rĂ©vĂ©rais d'une image si impactante que le besoin de rĂ©flĂ©chir, Ă©tendre son Ă©crent de digĂ©rer se ferais sentir. On ne verra pas ce genre d'Ɠuvre sur insta...

Et puis, il y a cette pression : publier au bon moment, utiliser les bons hashtags, suivre les tendances
 mĂȘme inconsciemment, ça infuse cette merde. J’ai passĂ© plus de temps Ă  analyser des stats qu’à crĂ©er, Ă  me demander ce qui "marcherait" plutĂŽt que ce qui me parlait.

Je ne veux plus de ça. Je ne veux plus que mon travail soit jugé par une machine, ni que mon inspiration soit dictée par des algorithmes. Je veux retrouver le plaisir de créer, sans filtre, sans pression, sans avoir à me plier à un modÚle qui ne me ressemble pas.

C’est aussi pour ça que je pars...

Phase 2 : Que vais-je faire de mon contenu ?

Ce que je garde et ce que je quitte

Voilà, petit à petit, je vais supprimer mon contenu, et début 2027, je supprimerai définitivement mon compte. Il restera bien sûr quelques photos que j'ai faites pour les potes, les projets et les causes que j'aime bien. (Morgarten, John Zebra, XR, La Zad, etc.)

La plupart des images que je crĂ©e sont sous licence Creative Commons et je suis d'accord pour qu'elles circulent. MĂȘme plus, ça me fait plaisir que les gens se les approprient. Il restera aussi, pour l'instant, le compte de chien, Ă  savoir le groupe de musique et de copains avec qui je joue de la basse.

Je regretterai aussi certains artistes de l'image que je suis ici. J'essaierai tant bien que mal de continuer par d'autres moyens.

Il y a aussi la facilité de dire : « Ah, tu veux voir ce que je fais ? Tu me vois ça sur Insta. »

Et finalement, je vais aussi abandonner les presque 800 personnes qui me suivent et me commentent. J'ai totalement conscience que ce n'est pas rien et je suis reconnaissant de ce que les gens m'ont apporté ici.

VoilĂ  tout ce que je quitte. Pas sans regret, mais serein.

La suite artistiquement.

Pour la suite...

J'ai effectivement un peu levé le pied en ce qui concerne la photo.

Ma famille et mes nombreux enfants me demandent du temps et de l'attention, et c'est chouette de prendre du temps avec mes petites tornades.

Artistiquement, je m'Ă©clate Ă©normĂ©ment avec le projet de musique CHIEN, qui est un espace extrĂȘmement riche et large pour expĂ©rimenter tout un tas de choses. La musique, le concept, la vidĂ©o, la photo, etc. D'ailleurs, ça me fait trĂšs bizarre de ne plus ĂȘtre le photographe de concert, mais la personne sur scĂšne.

Un autre projet qui me tient toujours Ă  cƓur avec LahminewskiLab, c'est le web. J'ai effectivement un peu moins parlĂ© ici, mais dĂ©velopper de petits sites lĂ©gers Ă  l'ancienne me plaĂźt beaucoup. D'ailleurs, pour les geeks, allez voir LithoCMS, je m'amuse beaucoup.

Enfin, je me concentrerai pour prendre encore plus de temps et faire des sĂ©ries de photos qui me parlent. Peut-ĂȘtre moins "instagramable" du coup. Je veux du rugueux et du vivant.

La suite sur les réseaux et internet,

"Mais alors, comment on va te suivre si tu quittes Instagram ?"

DĂ©jĂ , je n’ai jamais arrĂȘtĂ© d’ĂȘtre ailleurs. 😝

Vous trouverez tous les liens dans ma bio :

Plus sĂ©rieusement, mĂȘme si j'ai le vain espoir que les gens me suivent ailleurs, je sais que ce ne sera probablement pas le cas.

Mais si d'aventure... je me permets de détailler un peu ce qu'est PixelFed et le Fediverse, et pourquoi ça me donne un peu d'espoir.

Phase 3 : Le Fediverse et moins d’addiction numĂ©rique

Le constat et les pistes...

Donc le constat, on le connaĂźt :

Des algorithmes qui nous conditionnent. Des entreprises capitalistes qui veulent nous rendre addicts. Des plateformes centralisĂ©es, parfois aux mains de rĂ©gimes ou d’intĂ©rĂȘts douteux. Une visibilitĂ© conditionnĂ©e Ă  une vision du monde unique, formatĂ©e. Bref, un systĂšme qui nous Ă©puise, nous divise et nous aliĂšne.

C’est brutal ? Peut-ĂȘtre. Mais si on y regarde de prĂšs, c’est bien ça, la rĂ©alitĂ©.

Alors, quelles pistes de solution ?

Remettre l’humain au centre. Sortir des logiques de rendement qui attirent et piĂšgent. DĂ©centraliser ce pouvoir. Distribuer les arbitrages, la modĂ©ration, les rĂšgles. Et bonne nouvelle : il existe des pistes de solutions techniques pour un rĂ©seau dĂ©centralisĂ©, fĂ©dĂ©rĂ© et humain. (D’ailleurs, c’était un peu le projet de dĂ©part du web, non ?)

L’une de ces solutions, c’est le Fediverse. BasĂ© sur des protocoles de communication dĂ©centralisĂ©s, il permet de :

Être sur un petit serveur en Suisse, avec des rĂšgles de modĂ©ration locales et adaptĂ©es aux sensibilitĂ©s de l’équipe. Rester en contact avec des gens partout dans le monde, sur d’autres serveurs. Fonctionner comme le mail : peu importe oĂč se trouve ta boĂźte, si tu as une adresse, on peut t’écrire.

En clair : Avec un seul compte, tu as accÚs à tout un écosystÚme : Pixelfed (comme Instagram), Mastodon (comme Twitter), Peertube (comme YouTube), etc.

Est-ce que c’est parfait ? Non. Est-ce que c’est dĂ©jĂ  bien plus sain ? Oui. Je ne vais pas tout expliquer ici (il y a plein de vidĂ©os et d’articles qui le font mieux que moi), mais ça rĂ©sout dĂ©jĂ  pas mal de problĂšmes.

Pourquoi c’est mieux pour moi

Pourquoi c'est mieux ? Déjà, il n'y a pas d'algorithme qui t'oriente vers des publicités nazes. C'est beaucoup plus tranquille. Ensuite, si je publie une photo qui a du succÚs ou non, c'est uniquement « organique ». Autrement dit, il y a de vraies personnes derriÚre.

Je sais gĂ©nĂ©ralement oĂč se trouvent les serveurs qui m'hĂ©bergent, s'occupent de la modĂ©ration, etc. En l'occurrence, pour moi, c'est une petite association suisse qui s'en occupe avec des serveurs en Suisse romande. Je paie une petite cotisation pour entretenir tout cela, mais ce n'est vraiment pas obligatoire.

Ensuite, je dois me dĂ©sintoxiquer petit Ă  petit de regarder les performances de mes postes. Je peux prendre le temps de me dĂ©connecter pendant six mois si je veux sans craindre de me faire shadowbaner Ă  mon retour. Pour ĂȘtre franc, ce droit Ă  la dĂ©connexion est important, par ce que la vie est lĂ  dehors. Si on veut montrer des chose belle il faut parfois aussi des temps de jachĂšre.

Enfin, si je ne suis pas content de mon serveur ou de sa modération, je peux déménager et les gens qui me suivent peuvent continuer de le faire comme si de rien n'était.

Je ne vous cache pas qu'il y a aussi des problĂšmes et des soucis. Par exemple: La modĂ©ration dĂ©centralisĂ©e peut aussi produire des conflits et exclusions ou le manque d’algorithme ne supprime pas les dynamiques de popularitĂ©.

... Mais c'est déjà un autre monde, tellement loin de la logique des GAFAM.

Comment me suivre ?

Pour finir, je vous laisse avec un lien QR code qui renvoie à une page regroupant tous les liens vers mes autres réseaux, un petit article qui synthétise cette réflexion et des liens expliquant le Fediverse.

Ce post est le dernier de Lahminewski Lab sur les réseaux de META.

Je vous souhaite le meilleur, que Dieu vous bénisse et vive l'anarchie !

Note supplémentaire